Rencontre avec des représentants d’organes conventionnels des Nations unies
Le 30 juin 2026, la Cour a accueilli une rencontre entre des juges de la Cour et des représentants d’organes conventionnels des Nations unies en matière de droits de l’homme. Organisée avec le soutien de la Fondation René Cassin et de l’Institut national du service public (INSP), cette rencontre faisait suite à un colloque tenu la veille, à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de René Cassin, ancien président de la Cour et lauréat du prix Nobel de la paix.
Au cours de cette rencontre, les juges de la Cour ainsi que les présidents et représentants des organes conventionnels des Nations unies ont échangé sur diverses questions liées aux droits de l’homme et sur les évolutions jurisprudentielles respectives. Orientées vers l’avenir, les discussions ont porté sur la recherche de solutions pour une coopération plus étroite et l’utilisation de la jurisprudence, des recommandations et de l’expertise, en vue d’une protection des droits de l’homme plus cohérente et efficace.
Observant que les Nations unies sont pour la Cour un partenaire clé, le président Mattias Guyomar a déclaré que la rencontre était l’occasion de nourrir le dialogue et il a souligné que les arrêts de la Cour font souvent référence à la jurisprudence des organes conventionnels des Nations unies.
Changrok Soh, président du Comité des droits de l’homme de l’ONU et président de la 38e réunion des présidents des organes conventionnels de l’ONU, s’est adressé aux participants, en visioconférence. Son intervention a été suivie d’une séance de travail présidée par Ivana Jelić, vice-présidente de la Cour et juge élue au titre du Monténégro, sur des questions relatives au fonctionnement, aux défis et à la coopération entre institutions. Sont intervenues lors de cette séance Vasilka Sancin, juge élue au titre de la Slovénie, et Hélène Tigroudja, vice-présidente du Comité des droits de l’homme, qui se sont penchées sur la coordination et la coopération entre les organes conventionnels de l’ONU et la Cour, ainsi que sur des propositions concrètes d’actions futures.
La deuxième séance de travail, présidée par Anja Seibert Fohr, juge élue au titre de l’Allemagne, a porté sur la question de la non-discrimination dans les périodes de trouble et d’incertitude. Mykola Gnatovskyy, juge élu au titre de l’Ukraine, et Tina Stavrinaki, membre du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale et présidente du Groupe de travail sur les communications, ont expliqué en quoi les normes en matière de non-discrimination définies par l’ONU ou élaborées dans la jurisprudence de la Cour relative à la Convention s’appliquent aux réalités d’aujourd’hui, y compris dans le contexte des nouvelles technologies, du changement climatique et du conflit armé.
Emmanuel Decaux, président de la Fondation René Cassin, a prononcé le discours de clôture, soulignant l’engagement de la fondation en faveur de la protection des droits de l’homme, dans le droit fil de l’héritage de René Cassin : il s’agit de favoriser le dialogue entre institutions, de rapprocher les systèmes de protection et d’œuvrer pour des garanties toujours plus efficaces des droits fondamentaux.
Arrêt de Grande Chambre concernant l’Estonie
Dans l’affaire Vainik et autres c. Estonie, la Cour a décidé de rayer les requêtes du rôle.
L’affaire portait sur l’interdiction totale du tabac dans les prisons estoniennes, qui est entrée en vigueur en octobre 2017. Les trois requérants, qui étaient détenus à l’époque des faits, se plaignaient de l’impossibilité de fumer et disaient avoir souffert de symptômes de sevrage.
La Cour juge qu’il n’y a plus lieu d’examiner la requête car le requérant est décédé et aucun héritier ne s’étant manifesté. Les deux autres requérants ayant été libérés de prison, ils ne sont plus touchés par l’interdiction litigieuse ; en tout état de cause, ils n’ont pas donné suite aux démarches entreprises par la Cour pour les joindre.
Activités judiciaires

Les mesures visées par l’article 39 du Règlement de la Cour sont prises dans le cadre du déroulement de la procédure devant la Cour et ne préjugent pas de ses décisions ultérieures sur la recevabilité ou sur le fond des affaires en question.

Dans le cadre de sa prévention des conflits d’intérêt, la Cour a révisé l’instruction pratique sur l’introduction de l’instance. Cette révision clarifie les conditions dans lesquelles un ancien membre du greffe peut représenter un requérant devant la Cour. Le texte entrera en vigueur au 1er janvier 2027.

La Cour se prononcera dans l’affaire de Grande Chambre Grande Oriente d’Italia c. Italie le 7 juillet 2026.
L’affaire concerne la perquisition des locaux de l’association requérante, ordonnée par une commission d’enquête parlementaire dans le cadre d’une enquête parlementaire sur le crime organisé de type mafieux, et la saisie subséquente de nombreux documents en format papier et numérique, et en particulier des listes où figuraient les noms et les données personnelles de plus de 6 000 membres de l’association requérante.

Dans l’affaire Vainik et autres c. Estonie, la Cour a décidé de rayer les requêtes du rôle.
L’affaire portait sur l’interdiction totale du tabac dans les prisons estoniennes, qui est entrée en vigueur en octobre 2017. Les trois requérants, qui étaient détenus à l’époque des faits, se plaignaient de l’impossibilité de fumer et disaient avoir souffert de symptômes de sevrage.
La Cour juge qu’il n’y a plus lieu d’examiner la requête car le requérant est décédé et aucun héritier ne s’étant manifesté. Les deux autres requérants ayant été libérés de prison, ils ne sont plus touchés par l’interdiction litigieuse ; en tout état de cause, ils n’ont pas donné suite aux démarches entreprises par la Cour pour les joindre.

L’annulation de grâces présidentielles était justifiée, mais il y a eu atteinte au droit à un procès équitable pour deux des trois requérants.
Dans l’affaire Taleski et autres c. Macédoine du Nord, la Cour a conclu à la non-violation du droit à un procès équitable à raison de l’intervention du législateur qui a permis l’annulation des grâces présidentielles octroyées aux requérants et la poursuite des procédures pénales contre eux. La Cour a conclu également, qu’il y a eu :
- violation du droit à un procès équitable en ce qui concerne le droit à un procès contradictoire, du fait de la non-notification à l’un des requérants d’une copie des conclusions du procureur général ; et,
- violation du droit à un procès équitable en ce qui concerne le droit à un procès contradictoire, du fait de la non-notification à un autre des requérants d’une copie des conclusions du procureur général.
L’affaire concernait une intervention du législateur, à savoir la loi de 2016 sur les grâces, qui a permis l’annulation des grâces présidentielles qui avaient été accordées aux requérants six semaines auparavant et qui étaient alors considérées comme définitives et irrévocables. Les graces en question ayant été ainsi été annulées, les requérants, titulaires de fonctions publiques, furent poursuivis pour abus de fonctions officielles et d’autorité, et pour diverses infractions électorales. L’affaire portait également sur l’équité de ces poursuites pénales.

La Cour se prononcera dans l'affaire Vainik et autres c. Estonie, par écrit, le 30 juin 2026.
L’affaire concerne l’interdiction totale de fumer dans les prisons estoniennes, entrée en application en octobre 2017. Les quatre requérants, qui étaient détenus à l’époque des faits, se plaignaient tant de l’interdiction de fumer elle-même que des symptômes de sevrage qu’ils disaient avoir présentés.
Communiqués de presse sur d’autres arrêts et décisions
30 juin : un arrêt
25 juin : 9 arrêts et 40 décisions










